« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

Visite Actuelle

en deux mots romans
 
nouvelles
 
abecedaires
 
biographie
     
témoignages
 
 
 
 
 
 
 
 
Envoyez un mail à l'auteur
 
Cordes - Moulins - Au pays de l'ovalie - Dossier Gastronomie - Pastel - Bastides - Gaillac - Toulouse Lautrec - Carmaux - Lapérouse - Chateaux de la Loire - Tours - Tours II - Touraine - Jardins - Troglodites - Battellerie - Vin - Chateaux - La ville et ports - Phares - Autres villes - Region - Gastronomie et traditions - Les ïles - Rochefort - Huitres Marais poitevin

A l'encre de la Loire

Ecrivains, philosophes et poetes ont été nombreux à trouver l'inspiration dans le Val de Loire. Un micro climat propice à l'écriture ou une quiétude favorable à l'imagination ? A chacun d'interprèter ce pélerinage littéraire.

Qui ne garde en mémoire l'épisode du vase de Soissons ou du baptême de Clovis ? Ces récits, on les doit aux témoignages de Grégoire de Tours dans son " Histoire des Francs ". Le conteur du temps des Mérovingiens était aussi fin diplomate puisqu'il a su rétablir la paix dans sa cité alors écartelée entre trois souverains. Mieux, en restaurant le culte martinien, l'évêque a doté Tours d'une aura jusque là inconnue.
Près d'un millénaire plus tard, à deux pas de Chinon, naît François Rabelais. Moine cordelier puis bénédictin, soupçonné de Protestantisme mais attaqué par les Calvinistes, la hardiesse de sa verve dérange, sa facilité à souligner les travers humains inquiète. Même médecin, Rabelais créé encore le scandale en osant disséquer le cadavre d'un pendu... L'extravagant père de Pantagruel et Gargantua a, cependant, donné à la littérature française quelques géants modelés de terre et de vin. Aujourd'hui, la métairie de son enfance semble encore résonner de sa truculence. D'ailleurs, à peine entré dans La Devinière, le visiteur est averti : " Passé cette limite, la mauvaise humeur n'est plus de mise. "

Ses dernières années, Rabelais les a passées dans l'ombre du Cardinal du Bellay. Le festoyeur patenté aurait-il alors initié à la versification le cousin de l'ecclésiastique ? En fait, Joachim du Bellay doit surtout son avenir à sa rencontre avec Ronsard. Ensemble, ils fondent la Pléiade. Dès lors, la poésie défendra " la belle langue " à l'instar des Anciens. Leur nouvelle école essaime dans toute l'Europe. Bientôt du Bellay l'humaniste s'efface devant Joachim l'exilé. Nostalgique, il pleure sa " petite patrie ", dans des sonnets comme " Heureux qui comme Ulysse ". Le fragile poète s'étiole et lorsqu'il s'éteint à 37 ans, sa relève est déjà bien assurée par son fidèle compagnon de rimes.
A flanc de coteau, parmi les vignes, s'élève le manoir de la Possonnière. Ici le " Prince des poètes " a vu le jour et s'est imprégné des forces mystérieuses de la nature. D' " Ode à Cassandre " à " Quand je suis vingt ou trente mois... ", l'épicurien chante la femme autant qu'il se lamente de la fuite du temps. Adulé par la cour d'Henri II, Ronsard se complait dans les fastes royaux. Pourtant, ses origines Vendomoises coulent toujours dans son encre. Régulièrement, il retrouve le cours sinueux du Loir pour s'enivrer de paix. Puis, lorsque vient l'heure de cueillir les dernières roses de la vie, il se retire au prieuré de St Cosme. C'est là qu'il repose. Tandis qu'un mausolée a été érigé à l'endroit où le Loir et la Blaye confondent leurs eaux. Car, Ronsard souhaitait reposer aux sources vives de son inspiration.

Avec un tel passé, il était normal que la vallée de l'Indre donne au XIXème siècle l'un de ses grands romantiques : Alfred de Vigny. Ce fils d'ancien officier a été bercé par les épopées napoléoniennes. Pourtant, la vie de garnison ne vaut rien à la jeune recrue qui s'essaye déjà à l'écriture. Faute de gloire par l'épée, il sera célèbre par la plume. Chatterton le consacre, sa liaison avec l'actrice Marie Dorval le déchire. Il s'enferme dans le pessimisme. Jamais Vigny ne reviendra à Loches et c'est dans ses émotions enfantines qu'il puisera ses descriptions d'une Touraine idyllique.
A l'inverse, Honoré de Balzac va, sans cesse, creuser le terroir tourangeau pour donner chair aux quelque 2000 personnages de sa " Comédie humaine ". Malgré ses ambitions, ses revers de fortune, le romancier garde une profonde affection pour son pays qu'il recommande même " aux oisifs, aux indolents et aux curés gourmands. " A Saché, il s'échappe des turpitudes parisiennes pour écrire " Le père Goriot " ou " Louis Lambert ". Devant le petit château XVIème, s'étend le paysage du " Lys dans la vallée ". Dans ses appartements, on est surpris de s'immiscer aussi facilement dans la vie secrète du bouillant enfant de Tours. Pour peu, on s'attend à le voir entrer, vêtu de sa célèbre robe de chambre maculée d'encre.
Toute autre ambiance à la Béchellerie. " Jamais demeure d'écrivain n'a été aussi mal gardée mais je ne connais pas d'endroit qui convînt mieux à mon coeur " se plaisait à dire son propriétaire, Anatole France. Le farouche pacifiste s'est réfugié à Saint-Cyr-sur-Loire dès les prémices de la guerre de 14-18. Sa renommée lui vaut d'accueillir dans " sa maison des champs " l'intelligentsia internationale comme tous ceux qui viennent le visiter en voisin, notamment Courteline dont les grivoiseries et les sarcasmes enthousiasment l'ironique Anatole France.
Jules Romains n'est pas, lui non plus, né en Touraine. Son choix, il le justifiait " par la raison et par l'affection ". Sur le coteau de St Avertin, il cultive la vigne. Les étiquettes des bouteilles ont été dessinées par Vercors. C'est aussi, dans cette résidence de Grand' Cour, qu'il forge ses " Hommes de bonne volonté " dans lesquels bien des notables du cru se sont reconnus.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. D'autres plumes continuent à être guidées par les méandres de la Loire dont, certainement, quelques auteurs contemporains qui s'inscriront dans la postérité.


Mobiles et stabiles
En plus du Musée Balzac, Saché abrite l'atelier d'Alexander Calder. Car le roi du fil de fer avait choisi " ce val qui endort les douleurs et réveille les passions " pour transformer de simples morceaux de tôle en oeuvres d'art. Sa maison du Carroi est aujourd'hui une fondation ouverte aux artistes. Tandis que sur la place du bourg, un imposant stabile défie les lois de la pesanteur. Une anti-sculpture donnée par " Sandy " à son pays d'adoption.

Même un philosophe
Seul René Descartes semble resté insensible aux rives bucoliques de la Creuse. Il faut dire que ce brillant esprit a été élevé à la rigueur de l'école jésuite. Féru de mathématiques autant que de lettres anciennes, il consacre toute sa réflexion au rationalisme. Sa doctrine a fait le tour du monde et continue à tourmenter bien des écoliers. Austère, mystique, rivé chaque jour à son écritoire, Descartes est toutefois attachant. Surtout lorsqu'on découvre son intimité dans sa maison de la Sibyllière.