« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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Charente-Maritime : la terre oceane

On pense aux îles, aux huîtres, aux grands navigateurs, à l’art roman … La Charente-Maritime, c’est tout cela à la fois et encore bien d’autres richesses plus discrètes.

Résolument tournée vers le large, la région invite à un voyage dans les îles. Déjà, des images de cartes postales reviennent en mémoire avec des maisons blanches aux volets verts ou bleus, des ciels lumineux lavés par les vents, des plages de sable fin, des bateaux de bois aux peintures toujours usées par la mer. Bref, une certaine douceur de vivre idéale pour le farniente. Pourtant, au-delà de ce charme indéniable, toute île a une histoire à raconter.

Les sentiers de falaise
A Ré, la résistance aux incessantes invasions anglaises a forgé le caractère des sauniers et des ostréiculteurs. Même si, aujourd’hui, de nombreux Rétais préfèrent cultiver leurs parcelles de primeurs se fondant dans un paysage de landes sauvages, de bois et d’anciennes salines peuplées d’oiseaux. Sur Oléron, on chemine entre ports, claires et marais. Car, ici, les activités maritimes ont toujours guidé le quotidien avec, bien sûr, les fameuses Marennes-Oléron mais aussi la pêche. Flâner sur les quais ou à la criée de La Cotinière laisse, d’ailleurs, deviner l’enjeu des ressources de la mer. Cependant, l’île ne renie pas son passé de forteresse. Simplement, les bastions et douves de la citadelle du Château d’Oléron se sont transformés en promenade. Quant à Aix, elle garde précieusement le souvenir de Napoléon 1er qui a partagé avec les insulaires ses derniers jours sur la terre française.
Revenus sur le continent, les amateurs de coups d’œil panoramiques ne manqueront pas de s’aventurer sur le sentier des falaises qui longe la côte de galets tandis que les flots, parfois déchaînés, roulent à l’infini. Une halte s’impose alors à Marsilly pour grimper dans le clocher fortifié de son église. Au premier étage, sont rassemblés des graffitis recueillis sur les murs des maisons et monuments de la région. Au sommet, la vue s’ouvre sur la pointe de l’Aiguillon et sa digue de 6 km. C’est le pays des boucholeurs : à marée basse, des bateaux plats se faufilent entre les bouchots pour récolter les précieuses moules. Un ballet bien réglé incitant à pousser le pas vers le Marais poitevin.

Des conches aux vignes

D’abord, les vastes étendues céréalières puis Marans, porte d’entrée du marais mouillé. C’est en barque qu’il faut pénétrer cet insolite dédale de terre et d’eau mêlées. Des frênes têtards - parce que régulièrement écimés - bordent les conches. Sous ces voûtes de verdure, la plate glisse sur un tapis de lentilles émeraude. Entre roseaux et nénuphars, on s’initie à un autre art de vivre où 4 000 km de voies d’eau deviennent mode de communication, forçant souvent les Maraîchins à l’ingéniosité comme ces passe-bateaux pour franchir les obstacles.
Une fois sorti de ce labyrinthe, la route est toute tracée. Il suffit d’emprunter le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. D’Aulnay à Mirambeau, 125 km balisés par les fameuses coquilles redonnent vie aux rituels jacquaires. D’églises en abbayes, l’art roman se révèle du plus sobre au plus ornementé. Pourtant, d’autres visites méritent de s’écarter de cet itinéraire. Le château de Crazannes, par exemple, qui a été construit avec la pierre extraite des carrières environnantes au même titre, d’ailleurs, que le port de La Rochelle ou, à New York, la Statue de la Liberté. A deux pas, la Charente déroule ses méandres, baignée d’un halo nacré pour mener jusqu’à Saintes. Les vignes se font alors de plus en plus précieuses car de « Bons Bois », l’appellation du Cognac est passée à « Fins Bois », pour atteindre « Petite Champagne » à Jonzac.

D’un estuaire à l’autre
On le sent, le littoral n’est pas si loin. A peine une demi-heure de route et du haut de la falaise de Mortagne, la vue plonge dans l’estuaire de la Gironde. Dans ce roc, l’érosion a creusé des grottes. Hier, elles abritaient pirates et contrebandiers. Aujourd’hui, la plupart sont devenues des maisons mais certaines restent encore ouvertes à la visite. Tandis qu’en contrebas, les plages s’étalent en long ruban doré jusqu’à Royan. Des tentes rayées identiques depuis les prémices de la balnéothérapie, un front de mer bruissant de boutiques luxueuses, des villas XIXème siècle à peine dissimulées sous des frondaisons … de Zola, à Guitry en passant par Picasso ou Lazartigue, la réputation mondaine de la station balnéaire s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
Etrange contraste avec l’embouchure de la Seudre tout entier dédiée à l’ostréiculture. La Tremblade aligne ses cabanes aux couleurs vives. Du haut du viaduc reliant la cité à Marennes, parcs et claires se perdent jusqu’au fond du golfe. Une étape gastronomique est alors de mise pour déguster les fameuses huîtres affinées par une algue unique en son genre : la navicule bleue. Puis, le périple peut reprendre vers Brouage. La ville a vu naître le navigateur Champlain qui colonisa la Nouvelle France et est, aujourd’hui, l’un des emblèmes de l’amitié franco-québécoise. En fait, il s’agit d’un ancien port fortifié dont les sept bastions, les remparts percés de canonnières ou la poudrière ne laissent aucun doute sur sa glorieuse vocation.

Tradition maritime
Hélas, peu à peu, Brouage s’est envasée. Problème auquel Louis XIV va répondre par un projet grandiose : créer de toutes pièces une ville capable de défendre la côte Atlantique contre les incursions anglaises. C’est ainsi que Rochefort a vu le jour. Il faut dire que la cité, en retrait de l’estuaire de la Charente et protégée par les îles, occupe une position stratégique. Il s’en est suivi la construction d’un port militaire puis d’un arsenal qualifié par Colbert de « plus grand, plus achevé et plus magnifique du royaume ». De fait, 550 navires sont sortis de ses cales dont les fleurons de la Marine. Quant à la Corderie royale, rare témoin de l’architecture industrielle du XVIIème siècle, elle a fabriqué des centaines de kilomètres d’encablures. Bien sûr, Rochefort s’est reconvertie à la faveur des progrès technologiques. Si bien que ses radoubs ont perdu toute utilité jusqu’au jour où l’on a décidé de reconstruire la frégate de La Fayette, avec les méthodes d’antan. D’ici deux ans, l’Hermione devrait ainsi voguer vers les Amériques. Cette fois, pas de salves d’artillerie tirées depuis les forts Louvois ou Vauban pour couvrir son départ : entre pins et tamaris, la côte est plus que paisible. Les plages se succèdent prêtes à satisfaire tous les loisirs nautiques. Alors, direction La Rochelle.
Les célèbres tours du Vieux Port accueillent les voyageurs. Symboles de la cité, elles rappellent le temps où la République marchande s’enrichissait grâce au négoce du sel ou du vin. Mais aussi une sinistre année de siège dont La Rochelle est sortie ruinée. Rompus aux revers de fortune, les Rochelais se sont ainsi lancés dans le commerce triangulaire. Et, la prospérité est revenue. Aujourd’hui, le promeneur peut le vérifier en découvrant les monuments et maisons qui rivalisent de beauté. D’autant plus que La Rochelle a su évoluer tout en valorisant son patrimoine. Certes, la tradition maritime s’est ouverte à la plaisance avec les 3500 anneaux du port de Minimes. Le Grand Pavois, les Francofolies et autres manifestations culturelles animent régulièrement les rues pavées. Pourtant, sur les quais ou sous les arcades, la même sérénité demeure. La raison ? Très tôt, La Rochelle s’est donnée les moyens de préserver la qualité de vie de ses habitants. Aucun de ses hôtes ne saurait s’en plaindre.