Pleins feux sur les phares
S’offrir le grand large d’un simple coup d’œil, seul un phare le permet. Monter jusqu’à son sommet, c’est aussi l’occasion de mieux comprendre la navigation et ses progrès.
Au 3ème siècle avant JC, la construction d’un fanal de près de 150 mètres sur l’île de Pharos allait donner son nom à une longue série de repères maritimes. Déjà, un miroir servait à refléter le soleil et le feu. Mais, au fil des siècles, la technique d’éclairage s’est perfectionnée en passant du bois et du charbon aux lampes à huile (parfois de poisson) et à pétrole avant d’adopter l’électricité. Entre-temps, Augustin Fresnel avait inventé la lentille à échelons permettant de décupler la puissance lumineuse. Ensuite, est venue l’automatisation et l’ouverture de la plupart des phares au public.
125 naufrages
Face à La Rochelle, le Phare des Baleines méritent ainsi une visite. A l’origine, il y avait une tour toujours debout de nos jours. Erigée avec celle de Chassiron sur Oléron pour signaler les récifs à l’entrée des pertuis, elle produisait une lumière trop faible pour vraiment sécuriser la longue pointe rocheuse. Les 125 naufrages déplorés entre 1793 et 1838 ont donc conduit Louis-Philippe à bâtir le phare des Baleineaux à 3 km de la côte rétaise tandis qu’à terre on élevait le phare des Baleines. Installée à 57 mètres, sa lanterne éclaire jusqu’à 45 km à la ronde. 257 marches mènent à une galerie révélant un point de vue exceptionnel sur les îles et l’océan. D’ailleurs, la beauté du site a souvent inspiré les cinéastes dont Daryl F. Zanuck pour son « Jour le plus long ». Mais, au fait, pourquoi les baleines ? Parce que nombre se sont s’échouées sur cette côte. La dernière a été découverte en 1922 et son squelette est exposé dans le musée du phare.
Balade sur les fortifs
Certes, les phares ont pour fonction première de guider les marins. Cependant, leur position stratégique de guetteurs des mers n’a pas échappé à Louis XIV lorsqu’il construisit les tours des Baleines et de Chassiron. En fait, ces phares s’intégraient dans une vaste stratégie perpétuée jusqu’à Napoléon : édifier une véritable ceinture de feux afin de verrouiller les pertuis charentais. Un archipel de forts rivalisant d’ingéniosité guerrière croisait alors ses tirs. Et la portée n’était pas moindre : 600 mètres depuis les batteries de Vauban.
Quant au destin de ces places fortes, il fut des plus divers. Ainsi, la citadelle du Château d’Oléron initiée par Aliénor d’Aquitaine n’a retrouvé sa vocation militaire que lorsque les Allemands firent de l’île un avant poste du Mur de l’Atlantique. Car, comme Fort Enet ou Fort Liédot, la plupart des forteresses s’étaient reconverties en prison une fois la menace anglaise passée. Aujourd’hui, excepté le médiatique Fort Boyard, toutes sont des buts de promenades jalonnées d’animations expliquant les fortifications côtières. Mais pas seulement, l’enceinte de Fort Louvois abrite aussi un musée de l’ostréiculture. |