« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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Le pastel, la couleur du temps d'avant

On en retrouve encore sa trace dans la couleur bleu des volets ornant de nombreuses façades de maisons. Jadis le pastel fut une manne qui a fait de l'Albigeois « Le pays de Cocagne ».

Certainement venu d'Orient, le pastel est apparu en Occident au XIIème siècle. Pourtant, déjà à l'époque, Isatis tinctoria recouvrait de ses fleurs les collines de l'Albigeois, du Toulousain et du Lauraguais. La crucifère était même connue pour ses vertus médicinales. Mais, pour en retirer un bleu idéal résistant à l'épreuve du temps, le chemin était jonché d'embûches. Des semailles à la vente, il fallait compter au moins quatre ans.

Au prix de l'or
Cueillies à la main de la Saint Jean à la Toussaint, les feuilles de la plante étaient, tout d'abord, lavées et étalées dans une grange bien aérée sous peine de pourrir. Ensuite, on les broyait dans des moulins pasteliers. Puis, les feuilles de pâtes étaient mises à fermenter 6 à 8 semaines avant d'être roulées en boules de la taille d'un pamplemousse ; les fameuses coques à l'origine de l'expression « Pays de Cocagne ».
Là, une seconde fermentation commencait durant laquelle le savoir-faire des paysans prenait tout son sens afin que la mixture parvienne à maturation. On y ajoutait de l'urine humaine pour accélérer le processus ou de l'eau claire pour le ralentir. Enfin, apparaissait un aspect granuleux : l'agranat , ultime étape avant la fabrication du pastel. A ce stade, seuls restaient de 7 à 8% du poids de la cueillette. Qu'importe, chaque gramme valait de l'or.
Producteurs et négociants ont ainsi tiré un profit considérable du pastel comme en témoignent les riches demeures Renaissance présentes dans tout l'Albigeois.
Hélas, la découverte du Nouveau Monde a sonné le glas pour cette manne avec l'arrivée de l'indigo ; une poudre vingt fois plus dense que le pastel, d'un emploi plus facile pour un prix six fois moins élevé.
Peintres et teinturiers ont donc délaissé le colorant traditionnel jusqu'à ce que Napoléon 1er décide de créer l'Ecole du Pastel d'Albi, imposant même la couleur pour l'uniforme de ses soldats. Simple sursaut d'intérêt ? Pas vraiment : depuis une quinzaine d'années, la culture de la fameuse plante a recommencé et des études ont montré la forte teneur en huile de ses graines d'où une utilisation en cosmétologie. Un chercheur bruxellois intrigué par la couleur bleue des volets de la région s'est même attelé à la production de teintures, encres et peintures avec, cette fois, un procédé plus rapide. L'histoire du pastel est aujourd'hui passée comme une couleur un peu effacée, mais son souvenir n'est pas oublié.