« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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Huguette LUU DUC - Jean-Claude GERBER - Bernardine DESCHAMPS

Hommage à Jean-Claude GERBER

Il aimait la mycologie et la pêche à la mouche, les trains miniatures et la botanique, le billard et les grands crus. Il avait cette retenue, cette politesse intérieure, qui faisait qu’une poignée de main, un levé de sourcil ou un tassement d’épaules prenaient immédiatement un sens chez lui. Les mots, il ne les disait pas toujours. Il les mûrissait, les remâchait longtemps avant de lâcher d’un trait ce qu’il avait sur le cœur. Et quand cela touchait la ruralité, la bonde pouvait rester longtemps ouverte. Il y avait des règles auxquelles il ne dérogeait pas. Des principes sur lesquels il ne transigeait pas.

La pharmacie et particulièrement celle s’exerçant en milieu rural était son univers. Quand en 1968, il obtint son diplôme de pharmacien à Nancy, ce fut naturellement vers l’officine familiale qu’il se tourna, à Arches, « plus connu pour son vélin que pour sa pharmacie », souriait-il avec ce regard en dessous qui était une forme de complicité, sa façon à lui de se rapprocher des autres.
Certains le disaient discret, mais c’était de retenue qu’il fallait parler. Souvent il bouillait de l’intérieur. Le front bas et les mains moites, il maîtrisait sa colère contre ceux qui parlaient sans connaître de l’exercice rural. A bout d’impatience, il lâchait alors une sentence, parfois une diatribe, quelque fois un juron. Et puis plus rien. Sa nature reprenait le dessus pour laisser place à la retenue, l’élégance de ceux qui savent mais n’ont pas besoin de dire.
Naturellement son engagement quotidien, l’a conduit à l’APR avec ses amis de toujours Christian Billiote et Jacques Moreaux. « Des hommes de l’Est » disait-il fièrement car, selon lui, chaque grande région de France avait sa personnalité. Et comme telle devait être représentée au bureau de l’APR. D’abord délégué des Vosges en 1980 Jean-Claude Gerber prit très vite des responsabilités : membre du CA en 1984, secrétaire général la même année, responsable des délégués nationaux en 89 puis de nouveau secrétaire général jusqu’en 97 et enfin vice-président jusqu’en 2002. Une responsabilité qu’il assumait pleinement comme ce fut le cas aussi à l’Ordre dont il fut conseiller régional pour la Lorraine puis vice-président en 93.
Des responsabilités mais aussi une passion : la mycologie. Ses mots n’étaient pas toujours tendres envers l’inconscience de certains olibrius qui « prétendaient pouvoir manger des phalloïdes ». Il expliquait, détaillait, montrait les différences, racontait les bons coins et les saisons, la raréfaction de certaines espèces, la prolifération des autres. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été membre de la société mycologique des Vosges et co-fondateur en 1978 puis président de l’Amyphar, Association Mycologique des Pharmaciens de Lorraine.
La fatalité d’une maladie qu’on dit pourtant longue aura voulu que seuls ses proches le sachent malade. À 61 ans, il quitte la vie, sa femme Marie-Thérèse, son fils Gilles, sa belle fille Brigitte et ses petits-enfants « en faisant vite, en se cachant » comme aurait dit Georges Brassens. Un signe d’élégance encore mais malheureusement le dernier.

Patrick Breuzé