« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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D'alentours en allant Tours

A moins de cinquante kilomères de Tours, châteaux forts, musées insolites et ateliers d'artisans sont autant de buts de promenades où chacun trouve de quoi s'émouvoir, ou rêver tout simplement.

Pour les amateurs d'Histoire et de panoramas, l'itinéraire est tout tracé. Sur la route des châteaux Renaissance, la féodalité est toujours bien présente. Perchée sur des éperons rocheux, elle surveille la vallée. A deux pas d'Ussé, c'est la puissante forteresse de Chinon qui se souvient d'une voix frêle. " Je te dis, de la part de Messire le Christ, que tu es vrai fils de roi". Début d'une épopée où Jeanne d'Arc part bouter l'Anglais hors de France. Le présage fut, toutefois, plus sombre à Chaumont lorsque l'astrologue Ruggieri annonca à Catherine de Médicis la mort prématurée de ses trois fils. La reine en gardera sa légendaire cruauté. A Loches, au contraire, un doux portrait hante la citadelle : Agnès Sorel a reçu ce cadeau de son royal amant pour la naissance d'un nouvel enfant. Tourangelle bien née, La dame de beauté repose dans son nid d'amour sous un gisant d'albâtre symbolisant la paix. Quel contraste avec cette muraille de plus d'un kilomètre qui connut de fameux prisonniers comme l'inventeur des " fillettes " pris à son propre piège.

Même un dolmen
A chaque château son destin. Ainsi, Cinq-Mars-la-Pile démantelé après l'exécution de son jeune marquis est, aujourd'hui, livré à une végétation luxuriante où il fait bon se perdre. Au fait, pourquoi " la-Pile " ? En raison d'un édifice haut de 40 mètres et surmonté de quatre pyramides. Probablement un monument funéraire qui, avec l'aqueduc de Luynes ou l'énorme dolmen de La Grotte aux Fées témoignent d'un long passé gallo-romain.
Chemin faisant, on découvre aussi d'autres curiosités. Ici un bric à brac un rien surréaliste où véhicules militaires, voitures anciennes et machines agricoles cotoient des roulottes de forains au beau milieu de 3 000 engins tous plus rutilants les uns que les autres (Azay-le-Rideau). Là, une soixantaine d'ânes (Amboise) font valoir les spécificités du baudet du Poitou ou du pie d'Irlande. Tandis que dans des aquariums géants (Amboise), pirahnas et requins frayent parmi quelque 10 000 poissons d'eau douce. Mais, sillonner la région c'est aussi l'occasion de renouer avec des métiers ancestraux comme le travail de l'osier. Dans les mains des vanniers de Villaines-les-Rochers naît un bon tiers de la production française. Chaque brin de saule a grandi sur les 200 hectares de cette oseraie, puis s'est assoupli dans les " ritouères " avant d'être tressé en corbeille ou en nacelle de montgolfière.

Les jardins: une véritable tradition

Si l'Eden existe, quelques arpents reviennent probablement à la Touraine lorsque formes, couleurs et senteurs se confondent en jardin. Alors, d'agrément ou potager ? Nul ne sait...

En terre tourangelle, cultiver son jardin relève d'une longue tradition. Déjà au Moyen âge, les moines de l'abbaye de Marmoutiers s'affairaient à bêcher de généreux carrés de terre pour leurs légumes. Puis, dans son château de Plessis-les-Tours, Louis XI a laissé fleurir quelques massifs ornés de fontaines où s'égaillaient des animaux souvent en liberté. Mais, c'est Charles VIII qui, ébloui par l'exubérance ordonnée des jardins milanais, va importer le style Renaissance. Il invite le grand Pacello de Mercogliano à repenser la terrassse d'Amboise à la mode italienne. Dès lors, les artistes s'emparent de ce nouvel espace de création. Les châteaux descendent dans les vallées et la nature entre dans leurs parcs. Les rivières s'offrent en miroirs d'eau. Grottes, rocailles, cascades... sont autant de prétextes pour des thèmes végétaux.

Les allées de rendez-vous
Dans le même temps, des navigateurs rapportent de lointaines cointrées orangers, citronniers ou hibiscus qui s'acclimatent fort bien sur les bords de la Loire. Cette fois, la géométrie médiévale s'envole en éclatantes volutes vers la consécration : le maître des jardins florentins qualifie la Touraine de " jardin de la France ". Kiosques, fabriques et autres " folies " s'installeront plus tard au détour des allées en rendez-vous propices à toutes les fantaisies. Car dans ces jardins on flâne entre vasques et bassins, on médite à l'ombre des tonnelles se transformant, le soir, en théâtres de somptueuses fêtes.
Chancey, Valmer et surtout Villandry restituent cette histoire. Trois terrasses déclinent l'esprit de chaque époque. Les tapisseries mille-fleurs s'épanouissent en parterres de roses parsemés de bleuets et de coquelicots. Les topières de buis s'étagent en allégories de l'amour ou de la musique. Même les simples gagnent leurs lettres de noblesse dans ce décor à faire palir d'envie tout jardinier en herbe.

La Loire : tout pour faire un fleuve

Le dernier fleuve sauvage d'Europe a façonné une multitude d'abris naturels où animaux et végétaux trouvent un biotope idéal. Brève ballade entre plumes et eau.

Sortant sans cesse de son lit pour mieux y retourner, la Loire inonde prairies et fossés, découvre des îles, sculpte des niches écologiques où chacun trouve son bonheur. Mieux, en été, la température sur le sable et les graviers peut atteindre 50Γ. " Des grèves ardentes que le soleil fait trembler " écrivait Maurice Genevoix. Chez les scientifiques, on parle plutôt de " topoclimat ". Une exception qui vaut au fleuve de s'orner d'une flore généralement visible au Niger ou au Sénégal : amarante des sables, cypérus, souchet brun... Au milieu du chenal, ces bancs protégés par un rempart d'eau contre tout éventuel prétadeur constituent un excellent dortoir pour oiseaux. Si bien que le martin-pêcheur comme le héron cendré nidifient sans soucis. Dès septembre, des centaines de grands cormorans les rejoignent ; une plaie pour les pêcheurs qui voient leur vivier ravagé par de redoutables piscivores. Parfois, la Loire s'alanguit dans ses méandres et dénude à l'étiage des étendues plus vastes. Alors, à grand bruit, s'installent des colonies de sternes. Immanquables ces symboles du Val de Loire contrairement aux oedicnèmes que seuls les cris nocturnes permettent de repairer.

Le repos des guerriers
De chaque côté des rives, les boires communiquant avec le fleuve abritent des logis bien plus discrets. Gardons, tanches et brochets aiment donc y frayer. Autant dire que les sarcelles et les poules d'eau s'en donnent à coeur joie dans ce garde-manger. Et le manège s'accélère en loopings quand une rousserole effarvate quitte son nid à peine suspendu au-dessus de l'eau.
Enfin, un peu plus dans les terres, les plaines alluviales sont des escales prisées par la bécassine des marais et le vanneau huppé. Comme bien d'autres migrateurs, le balbuzard pêcheur a lui aussi coutume de s'offrir un repos du guerrier sur ces terrains humides. D'ailleurs, il n'est pas rare d'apercevoir le rapace plongeant toutes serres dehors pour se rassasier de saumons remontant le courant. Tandis que, nullement effrayées, des nuées de passeraux préfèrent se ruer sur les baies d'aubépine ou de sureau. Mais, cet inventaire à la Prévert serait incomplet sans tous les batraciens, les rongeurs, les insectes dont certains en voie de disparition qui semblent plutôt bien se porter dans le lit de la Loire.