« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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Sur le chemin des bastides

Tout a commencé avec la croisade contre les Cathares. De là a été édifié un réseau de quelque 500 bastides en Midi-Pyrénées. S'y arrêter pour quelques heures ou quelques jours, c'est feuilleter un magnifique livre d'histoire grandeur nature.

La date à retenir, c'est 1229. Cette année-là, le roi autorise l'édification de bastides, mais soumet leur construction à des conditions très précises. Pour bâtir ces villes nouvelles, il faut, tout d'abord, établir une charte où sont consignés le nom de la future cité, son nombre d'habitants et l'autorité qui présidera à leur destinée. Ensuite, un acte de paréage est indispensable pour associer les principaux responsables du projet : propriétaires de la terre, autorité politique locale et seigneur ou représentant de l'Eglise. Nécessaire également une seconde charte dite « de coutumes » qui va fixer les règles de vie et les libertés octroyées aux habitants par le fondateur. Un code civil en quelque sorte. Enfin, l'urbanisation doit répondre à un plan strict : un damier composé de moulons (des parcelles d'habitations souvent identiques) et divisé par de longues rues perpendiculaires dont la plus large mène à une place centrale.

Les fameux couverts
Rationnelle mais quelque peu rigide dans sa forme géométrique, cette conception novatrice de la cité pourrait aujourd'hui paraître austère. Il n'en est rien car des bastides se dégage le charme d'un autre temps. Leur caractère médiéval a d'ailleurs valu à la plupart d'entre elles d'être classées au rang des « plus beaux villages de France ».
Ainsi, à quelques kilomètres d'Albi, Cordes-sur-Ciel peut s'enorgueillir d'être l'une des plus anciennes bastides. Le commerce et la finance ont forgé sa prospérité. D'où l'édification de somptueux palais gothiques aux façades richement sculptées dont le symbolisme reste mystérieux.
Fièrement dressée sur son piédestal rocheux, protégée par cinq lignes de remparts, Cordes-sur-Ciel a su tirer le meilleur profit du relief pour assurer sa tranquillité. Tout comme Lisle-sur-Tarn qui, avec ses quatre quartiers chacun délimité par des portes fortifiées, a conservé intacte l'organisation initiale d'une bastide. Sa place à arcades - les fameux couverts - mesure plus de 4 000 mètres carrés et dessert des ruelles toujours enjambées de « pountets » reliant maisons et jardins. De même, au cœur de Castelnau-de-Montmirail s'élève encore l'ancien pilori où étaient attachés indifféremment animaux, femmes adultères, voleurs et autres brigands livrés à la vindicte populaire.
En fait, de Puycelci à Bruniquel en passant par Penne ou Larroque, la route des bastides étonne par la vitalité de ces témoins du Moyen-âge. Pourtant, toutes ces bastides ont subi de nombreux assauts : les guerres sont passées par-là, la peste aussi. Υ croire que leur situation haut perchée les a préservées des pires malheurs. Ce qui est sûr, c'est qu'elles offrent au promeneur des panoramas exceptionnels. De loin en loin, l'œil se perd sur les rives du Tarn ou de la Vère, sur la forêt crépue de la Grésigne, sur les alignements de vignoble gaillacois avant d'aller se perdre aux confins du pays de Cocagne. On y prend le vent, le soleil et la lumière et l'on se dit qu'il y a huit cent ans, c'était déjà comme ça.