« Dans ce roman, on trouve des bonheurs d’écriture à n’en plus finir »

Le Dauphiné Libéré 

 

Une restitution saisissante de nos racines, de l'odeur de la terre, des rides d'un visage, de l'aspect changeant de la neige… En quelque sorte l'écrit du cœur..

Le Dauphiné Libéré

 

 

« Un livre admirable, brillant et passionnant qui parle avec émotion d'une période noire de notre histoire ? »

France Info

 

Il y a du Giono, il y a du Ramuz dans cette écriture exigeante, dans cette langue rigoureuse.

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Huguette LUU DUC - Jean-Claude GERBER - Bernardine DESCHAMPS

Hommage à Huguette LUU DUC

A l'APR, on savait Huguette malade, souffrant de cette maladie qu'on dit longue pour ne pas dire son nom. Chaque fois que l'on prenait de ses nouvelles, la réponse était immuable : elle se bat. Et c'est bien là, en fait, le trait le plus marquant de sa personnalité : se battre.
Se battre contre la maladie, déjà, quand jeune étudiante en pharmacie à Marseille, elle avait dû interrompre ses études. C'était le temps de la tuberculose, des pneumothorax et des sanas. Elle surmonta cela et en parlait avec retenue n'oubliant pas ceux qui n'avaient pas eu la même chance qu'elle.
Se battre encore quand elle rejoignit l'APR, il y a plus de trente ans. Si aujourd'hui on parle de révolution parce qu'une femme se présente aux Présidentielles, elle fut longtemps la seule femme à l'APR. Elle admirait le Président d'alors, Edmond Lefort, mais soutiendra de façon indéfectible tous les nouveaux Présidents sans distinction. Car il y avait chez elle un mélange de fidélité et de tendresse pour ceux qui dirigeaient. Elle souriait en lâchant : "Je suis un peu leur maman. Une maman pourtant capable de terribles remontrances, de coup de gueules dit-on quand il s'agit d'un homme. Car il y avait des domaines avec lesquels elle ne transigeait pas, l'honnêteté, la fidélité et la solidarité. Malheur à qui osait mal parler de la pharmacie rurale et de son exercice. Sa battre au sein de l'APR pour faire reconnaître la spécificité de l'exercice rural, elle le fit sans relâche. Sous une rigueur de façade qui cachait mal une timidité naturelle, elle fustigeait en vrac les politiques, les pouvoirs publics, les inconséquents de tous poils. L'ordre, elle ne l'attaquait jamais, elle siégea d'ailleurs au Conseil régional de Rhône-Alpes de 1993 à 1997. Les Syndicats, rarement, même si parfois avec un dodelinement de tête, elle laissait entendre ce qu'elle ne dirait pas.
Se battre, enfin, pour que la pharmacie demeure une profession belle et noble. Dans l'officine qu'elle exploita à Crolles en Isère jusqu'en 2001, elle appliqua sans entorse l'idée qu'elle se faisait de la pharmacie, exercer avec le moins possible de compromis. Elle qui était née à Ydes dans le Cantal, conservait de ses jeunes années, un refus presque minéral des arrangements et des passes droits. Un amour du juste qu'elle partagea jusqu'au bout avec son mari, Professeur de Chimie général à la Faculté de Clermont-Ferrand.
Huguette nous a quitté avec sans doute l'idée de n'avoir pas tout amener à bien, de pouvoir encore, pour quelques instants, pour quelques instants seulement, se battre encore. Mais en ce matin de novembre, c'était la dernière fois.